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Première étape réussie pour la candidate du Liban à la direction générale de l’Unesco !

09/05/2017
On se souvient de la confusion qui a régné autour de la candidature libanaise à la direction générale de l’Unesco, il y a plusieurs mois. Aujourd’hui, la polémique est dépassée et Véra el-Khoury Lacoeuilhe est la candidate officielle du Liban à ce poste prestigieux. Elle bénéficie désormais de l’appui du chef de l’État, du président du Conseil et des ministres des AE et de la Culture. Elle est même parmi les favoris après l’étape de l’interview des candidats devant les 59 membres du conseil exécutif de l’association. Neuf candidats sont dans la course et les interviews se sont déroulées les 26 et 27 avril (elles sont d’ailleurs sur le Net pour qui aimerait les visionner.Dans le passé, les interviews étaient privées et se déroulaient à la veille de l’élection. Mais à la demande du Canada, elles sont désormais publiques et se déroulent près de 5 mois avant le vote. Véra el-Khoury Lacoeuilhe venait à peine de perdre son père. Malgré tout, elle s’est présentée au rendez-vous. L’interview consiste en un discours de dix minutes suivi d’une séance de questions-réponses. Chaque groupe régional a d’abord droit à une question (il y en a six), avant de laisser la liberté aux délégués. Même si les langues officielles des organisations attachées à l’ONU sont au nombre de six (le russe, le chinois, l’arabe, le français, l’anglais et l’espagnol), les langues de travail ne sont que deux, le français et l’anglais, que les candidats sont censés pratiquer couramment. Véra, elle, a utilisé trois langues dans son discours, les deux réglementaires puis l’arabe, surtout lorsqu’elle a dit qu’elle « vient du Liban et de la région arabe, laquelle est riche en talents, en connaissances et en valeurs. Cette région a hâte de servir cette organisation et, à travers elle, tous les peuples du monde, après 70 ans d’attente ». En effet, en dépit d’une pratique tournante qui veut que la direction générale de l’Unesco revienne à toutes les régions de la planète à tour de rôle, le monde arabe n’a jamais occupé ce poste. C’est donc en candidate de toute la région arabe que Véra el-Khoury s’est présentée devant les membres du conseil exécutif, suscitant l’approbation des trois autres pays arabes qui ont pourtant eux-mêmes des candidats pour le même poste. Il s’agit de l’Égypte, dont la candidate est considérée comme une des favorites de l’élection, ainsi que l’Irak et le Qatar. Pendant une heure et demie, Véra el-Khoury Lacoeuilhe a donc répondu aux questions des délégués qui ont porté sur son programme de relance de l’organisation, qui souffre d’une pénurie au niveau des fonds, et sa vision de son rôle, sachant que l’Unesco n’est pas seulement chargée du patrimoine culturel mondial. Elle s’occupe aussi d’éducation, dans le cadre de la lutte contre la radicalisation. Elle a aussi une commission pour les océans, un institut de statistiques sur lequel compte beaucoup l’ONU, un rôle dans la gestion de l’eau dans la planète, etc., bref beaucoup de niches sur lesquelles la candidate du Liban compte insister pour organiser des levées de fonds.

Dans sa présentation, la candidate du Liban a donc parlé de transparence, de rétablissement de la confiance des États membres dans l’organisation, de modernisation et de mesures concrètes, mais surtout, elle a insisté sur la nécessité de trouver des sources de financement durable, au lieu de se contenter d’injections ponctuelles. Elle a aussi mis en évidence les particularités uniques du Liban, pays de modération, d’ouverture, où la liberté d’expression est respectée (notamment par rapport aux autres pays de la région), où la parité entre les hommes et les femmes fait désormais l’objet d’une campagne sérieuse et, enfin, où l’on parle plusieurs langues. Autant d’éléments qui devraient jouer en sa faveur. D’ailleurs, les sondages effectués après les interviews des candidats ont donné Mme el-Khoury comme favorite, suivie de près par le candidat de la Chine et ceux de la France et de l’Égypte, elles aussi des femmes. Le Qatari a aussi ses chances… Selon la candidate du Liban, les résultats des sondages confirment ce qu’elle disait depuis le début, à savoir que si l’élection est purement technique et se base sur les compétences des candidats, elle aurait des chances sérieuses d’être élue.

Hélas, l’élection du directeur général de l’Unesco n’est pas une échéance technique. Elle est éminemment politique. Les candidats ont désormais près de 5 mois pour intensifier leurs campagnes, et les États qui les ont désignés comme candidats doivent aussi mettre le paquet pour convaincre les 58 membres du conseil exécutif de les choisir. Le conseil a fixé la date de l’élection au 9 octobre. Deux semaines plus tard, le choix du conseil devrait être validé par le vote général de tous les pays membres de l’organisation.

Véra el-Khoury Lacoeuilhe estime que le Liban va désormais être la cible d’attaques, parce qu’il a des chances sérieuses de l’emporter. Il devrait donc être prêt à se battre, sachant que ce poste est important pour lui, et s’il l’emporte, cela susciterait de nombreux espoirs pour les Libanais. « Le Liban, dit-elle avec conviction, a quelque chose à apporter sur la scène internationale, surtout en cette période critique et en particulier en matière de culture et d’éducation. Nous avons toute notre place. En matière de générosité aussi, avec l’accueil des réfugiés et des déplacés. Aucun autre pays au monde ne mérite autant que le Liban la direction générale de l’Unesco. » La candidate croit à cette opportunité et elle veut tout faire pour ne pas la laisser passer… Elle se demande toutefois pourquoi la presse libanaise ne s’intéresse pas beaucoup à ce dossier, alors que tout le Liban pourrait en profiter…

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